Penser l’oubli à l’aune d’un silence ou d’une absence de discours. L’exemple des populations vivant dans un village nucléarisé.

jeudi 30 avril 2026, par LAFAYE Françoise

SilenceAbsence de discoursRisque nucléairePerception du dangerMémoire

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La question des déchets nucléaires, notamment ceux à vie longue, anime actuellement les esprits. La nécessité de les traiter, qu’il s’agisse de matériaux irradiés ou de sous-produits des réacteurs, a longtemps nourri le débat entre les entrepreneurs du nucléaire et ses opposants. En l’absence de solution technique totalement satisfaisante, les États vont déployer des stratégies différentes pour gérer les sites ayant accueilli ce type de déchets. Par exemple, au Kazakhstan, Catherine Alexander [1] montre comment le régime soviétique a tenté de contenir et de « faire disparaître » un site d’essais nucléaires et comment la république indépendante du Kazakhstan essaie, après 25 ans de réhabilitation et de surveillance, d’en faire un territoire dévolu aux activités agricoles et commerciales œuvrant ainsi pour l’oubli. Dans la plupart des pays d’Europe, c’est le stockage des déchets ultimes [2] qui a été choisi, devenant une priorité. Ces lieux de stockage ne sont pas sans soulever un certain nombre de questions techniques, mais ils concernent aussi le temps long et posent celle de la mémoire de ces sites sur des milliers d’années. Comme l’écrit Thomas Grillot, leur gestion requiert « un effort institutionnel d’imagination de l’avenir à très long terme » [3].

Dans ce contexte, je propose ici un retour sur un constat partagé, autour des sites nucléaires de production d’électricité, mais longtemps passé inaperçu en raison des différentes interprétations auxquelles il a donné lieu : les populations vivant à proximité des centres de production d’électricité nucléaire ou de retraitement ne s’expriment pas sur le nucléaire, et moins encore sur ses « dangers ». Parler alors de mémoire future des sites devient une gageure, puisqu’il s’agira de ne se souvenir de rien. C’est donc à une absence de langage, avant que la crise ne survienne, que je vais m’employer à traiter, me situant visiblement en marge de ce workshop « Langages et crises », mais peut-être pas, puisque cette absence peut contribuer à éclairer ce langage ultime qu’est le silence. De la même manière, la situation ordinaire n’est que le prélude supposé à une éventuelle crise. Les mesures de sécurité prises autour des sites vont dans ce sens.

Nous allons tout d’abord examiner les manières de faire de l’ethnologue et les rapports qu’il entretient avec le langage, pour tenter d’appréhender la nature de cette absence de discours et notamment sur les manières de la nommer. Ce qui nous conduira aux différentes manières de l’interpréter. Enfin pour conclure, nous nous intéresserons au rapport entre un oubli et un rien.

I. Du langage aux discours

Les rapports entre l’anthropologie sociale et/ou culturelle et le langage sont anciens et multiples. Ils vont de la collecte de simples données linguistiques jugées significatives en exprimant des savoirs ou des croyances, à l’anthropologie des pratiques langagières [4] qui a pour objet le langage en situation et se propose d’étudier les manières de parler et les enjeux sociaux des faits de langage. Cependant, pour l’ethnologue dont l’objet n’est ni le système de signes que constitue un langage ni celui partagé par une communauté, soit une langue [5], il s’agit de collecter des paroles situées, version concrète du langage, communément appelé « discours ». Ce discours, révélant la conception indigène d’un phénomène, constituera la base de son analyse. En comprenant comment son interlocuteur pense, l’ethnologue pourra ainsi comprendre les raisons pour lesquelles il agit de telle ou telle manière. Il dispose alors des mots utilisés en situation et considèrera la manière de dire le phénomène étudié comme matériaux pour accéder aux réalités vécues.

En travaillant en situation de catastrophe, il va sans dire que les discours existent [6] et même que différentes actions viennent étayer l’idée du danger nucléaire [7]. Mais travailler en « situation ordinaire » suppose imaginer la crise : faire des rapprochements avec des accidents nucléaires, éprouver de la peur à l’égard de la technologie, etc. ou bien anticiper ses conséquences. Situation ordinaire suppose, en un mot, de s’en faire une représentation. Or, dans ce cas, peu de mots viennent étayer cette représentation pour l’ethnologue.

II. Le nucléaire et les populations à proximité d’un équipement

En France, peu de monographies de villages accueillant un équipement nucléaire ont été réalisées. Je baserai mon propos uniquement sur trois recherches ethnologiques, déjà anciennes, qui ont centré leurs investigations sur des sites nucléaires français : celle réalisée par Isac Chiva (1970 et 1980) [8], celle constituant le cœur de l’ouvrage de Françoise Zonabend (1989) [9] et ma thèse de doctorat (1994) [10].

À partir de matériaux recueillis lors d’une étude menée autour du site nucléaire de Marcoule à la fin des années 50, Isac Chiva a appréhendé « la façon dont la population se représentait le centre, et ce que savaient ou s’imaginaient les gens à propos de l’énergie nucléaire » [11]. Concentrés sur le nucléaire, ses observations et entretiens ont porté sur un rayon de soixante kilomètres autour du site et ont bénéficié d’une profondeur historique d’une vingtaine d’années. Ainsi, il écrit que les peurs se sont manifestées au moment de l’annonce de construction du site jusqu’à sa mise en fonctionnement et qu’elles ont été plus vives par la suite à la périphérie et dans les centres urbains c’est-à-dire en augmentant la distance à l’équipement. Dans une autre recherche, réalisée pour EDF, Isac Chiva et trois de ses étudiants — Joëlle Bahloul, Didier Bouillon et Pierre Lamaison — ont mené une enquête ethnographique sur trois centrales nucléaires à différents stades de leur construction : Bugey (une tranche fonctionnant et les autres en travaux), Creys-Malville (début de construction) et Pellerin (en cours d’enquête publique, qui ne verra jamais le jour), restreignant cette fois la distance. Il a cette fois considéré «  indirectement la perception des risques » [12]. Car ces études étaient initialement centrées sur les diverses incidences d’une implantation de sites. « […] Bien que la notion de risque n’apparaisse que très rarement de façon explicite. » [13], les perceptions étudiées sont le fruit d’une relecture de données et s’appuient sur une réinterprétation. Pour Chiva, « ces expressions du risque ressenti, le plus souvent latentes et indirectes, dépassent et débordent le verbal » [14].

Françoise Zonabend a, elle, entrepris la monographie d’un site industriel [15] : l’usine de retraitement [16] des combustibles irradiés de La Hague, située à la pointe de la presqu’île du Cotentin. Elle y a étudié les populations qui vivent à côté du site et ceux qui y travaillent. Constatant que « toute question sur le danger, le risque encouru, sera refusée, déniée, détournée » [17], elle a choisi d’adopter une méthode « de contournement » : glaner la « parole nucléaire » par entretiens directs, en prenant soin de contextualiser l’acte énonciatif. Son souhait est d’« […] élucider les silences, les oublis, les trous de mémoire que le nucléaire occasionne en ces lieux […] » [18]. En ce sens, elle pose une question essentielle aux ethnologues : « Comment faire parler, sur une éventualité hypothétique, ceux qui se taisent ? »

Son ouvrage se concentre donc sur l’ambivalence des riverains de l’usine qui peuvent à la fois évoquer le nucléaire en l’associant à la bombe atomique, les avantages financiers liés à l’implantation et les mesures de sûreté prises en France qui les prémunissent d’un accident comme celui de Tchernobyl (1986). Sur le même modèle, les employés cultivent la distanciation. Sans nier qu’ils travaillent dans un milieu de travail dangereux, ils brandissent les mesures prises par l’entreprise pour assurer la sûreté, développent l’aspect technique de leurs missions et éludent les interrogations sur leur vécu des incidents.

Ma thèse de doctorat [19] portait sur l’implantation de la centrale nucléaire du Blayais, dans le sud-ouest de la France, dans le village de Braud-et-Saint Louis. Forte d’une formation initiale en sociologie de l’action collective et des mouvements sociaux, il me semblait heuristique d’utiliser ces connaissances tout en mobilisant une approche ethnologique. Or, les théories élaborées à d’autres échelles ne fonctionnaient pas au local et mes questions sur l’implantation ont donné lieu à des réponses surprenantes, fort éloignées d’une quelconque ethnologie politique. Les Braudiers ne parlent pas spontanément ni de la centrale (peu l’ont visitée des années après et/ou ont eu l’occasion de la voir compte tenu de sa localisation près de l’estuaire, en périphérie du bourg) ni du nucléaire.

Des questions directes sur la centrale nucléaire les conduisent à émettre des réponses qui montrent qu’ils n’accordent pas une importance démesurée à la source d’énergie utilisée par la centrale pour produire de l’électricité. Cette spécificité de l’équipement ne constitue pas le cœur de leur discours. Lorsqu’ils parlent technique, ils se réapproprient certains aspects et les intègrent à leur argumentation en les ramenant à leurs pratiques quotidiennes. Par exemple, ils rapprochent ses dysfonctionnements possibles de ceux de leur tracteur. En matière de danger, ils sont nombreux à considérer qu’il n’existe qu’en fonction de l’attention qu’on lui accorde et qu’il est relatif, nécessitant une mise en parallèle de ce risque particulier avec d’autres c’est-à-dire une hiérarchisation. La manne financière, issue de cette implantation, et son côté tangible, contrebalance alors les (non)discours sur la peur du nucléaire. De manière générale, les habitants du village préfèrent centrer leur discours sur l’implantation d’une mono-industrie importante et c’est ainsi qu’ils la nomment : « la centrale ».

III. L’absence de discours, le désarroi de l’ethnologue

Comme l’affirme Anselm Strauss [20], nommer, c’est classer le monde et c’est également situer cet objet, lui attribuer des limites. Dans le cas du danger nucléaire, nous ne disposons pas de discours construits qui permettent de « classer le monde ». Il convient donc de s’intéresser aux manières dont on évalue la place qui est réservée à cet équipement dans la vie des populations, celles dont ces riverains vont lui attribuer un sens et l’intégrer à leurs univers de pensée. En effet, en l’absence d’approche inductive possible, qui permettrait à l’ethnologue d’appréhender les représentations qu’ont ces populations d’un éventuel risque nucléaire, que faire ? Car poser des questions directes crée le phénomène à propos duquel ces populations vont se positionner ou bien vont déplacer leur discours, en répondant « à côté ».

Il n’existe pas de discours spontanés sur les dangers du nucléaire par les populations vivant à proximité des sites, au plus près, c’est-à-dire dans un village d’implantation. D’ailleurs, comment nommer cette absence ? Quelle est sa nature ? À son tour, l’ethnologue a un problème de désignation. Est-ce un « silence », une « absence de discours », un « rien », un non-dit, un « implicite », une « autocensure » [21] ? Dépourvus de termes adéquats pour décrire le phénomène initialement étudié, l’ethnologue aura donc comme alternative, l’interprétation ou la reformulation de la question posée.

IV. Interpréter un silence ou une absence de discours

Pendant très longtemps, le nucléaire a été envisagé sous l’angle des controverses et des mobilisations auxquelles cette source d’énergie donnait lieu, les études se situant à des échelles nationales, voire supranationales, ou bien locales, mais se focalisant sur les opposants. Si les échelles d’études influent sur les discours tenus à propos des risques perçus [22] autour des équipements nucléaires, les études plus générales aux environs des équipements potentiellement dangereux montrent que la distance au site est une donnée à prendre en compte pour envisager la perception des risques [23]. Cependant, une autre donnée à prendre en compte est la question posée : plus elle est centrée sur les risques, plus elle suscite des résultats qui, autrement, resteraient dans l’implicite ou n’auraient pas de sens a priori.

En outre, derrière ses manières d’envisager le terrain, l’ethnologue s’appuie sur des façons d’appréhender le danger, le risque et plus généralement, l’équipement nucléaire qui lui sont propres et qui restent souvent implicites. Cependant, elles vont influer sur son approche et ses choix méthodologiques. Pour Chiva, le nucléaire est quelque chose d’inconnu qui va s’installer dans la vie locale dont la caractéristique est d’être mystérieux, difficilement représentable [24] pour se résumer plus tard à un moment de l’histoire locale [25]. Pour Zonabend [26], il s’agit d’une juxtaposition d’univers dont l’un est figé dans un passé lointain et l’autre tourné vers une technologie du futur. La question étant, pour elle, celle de leur compatibilité et des tensions que leur cohabitation génère. Pour Lafaye [27], la question initiale — celle des bouleversements apportés par l’implantation nucléaire — reprenait de façon diffuse et implicite les représentations incluses dans la controverse nucléaire. La centrale nucléaire apparaissait alors comme un objet polémique, issu d’une technologie sophistiquée, intrinsèquement dangereux et/ou symbole d’une décision étatique arbitraire.

Les interprétations de ce silence varient donc selon les auteurs. Mais interpréter un silence ou une absence de discours n’est pas chose simple. Pour Isac Chiva, l’élément « distance à l’équipement » a permis de recueillir des discours variés qui émanent tant d’antinucléaires que de riverains, plus ou moins proches. Se dessinent alors des configurations multiples, faites de cercles concentriques autour de l’équipement : une zone de voisinage immédiat (qui n’aborderait le silence que lors des incidents, mais de manière irrationnelle et au travers de rumeurs), une zone de proximité d’où l’équipement n’est pas toujours visible (dans laquelle les craintes sont exprimées de façon « plus rationnelle ») et enfin une troisième, où la population semble plus concernée par la controverse autour du nucléaire en général.

En élargissant le périmètre des populations interrogées, Chiva fait varier les attitudes à l’égard du danger et les mécanismes de défense mis en œuvre à différentes échelles, considérant que « les représentations du danger s’organisent autour de thèmes nombreux et variables » [28]. Cependant, il ne reprend pas la catégorisation par zone pour détailler ces attitudes. Pour les plus proches, il considère qu’ils s’emploient à effacer le danger et rapproche leur attitude de la « scotomisation des psychanalystes » [29].

Zonabend a choisi une approche sémantique et une analyse symbolique de ce qu’elle considère comme une « menace admise et connue par tous » [30]. Elle analyse les stratégies et tactiques langagières utilisées quotidiennement par les populations vivant à proximité des sites et les travailleurs du nucléaire. Elle scrute un certain nombre d’éléments qu’elle considère comme des indices de cette peur tue du danger nucléaire. Elle s’attache d’abord aux manières de désigner le site, qui leur permettent de le mettre à distance et de se différencier d’autres acteurs du nucléaire (entrepreneurs et opposants). Puis elle mentionne les cécités paysagères qui sont autant de façons d’éliminer l’usine de leur environnement. Les visites de site, dites « exorcistes » par Zonabend, sont également un stratagème pour mettre à distance, l’écoute des multiples informations sur la sécurité ne faisant que rasséréner les Haguais. Dénégations et rumeurs sont traquées pour rendre compte de l’immémorable, l’indicible, le déni, l’oubli.

Cette interprétation proposée par Françoise Zonabend, proche de celle de Chiva [31], dans sa proposition de lire ce silence comme le symptôme d’une peur et l’identifiant à un déni, pose cependant quelques questions à notre discipline. En premier lieu, celle des indices disponibles pour considérer que ces riverains ont peur et établir un lien entre cette peur, les indices et ses conséquences supposées. En l’absence de discours et de matériaux — comme des pratiques visant à contrecarrer le « mal » — peut-on appréhender le déni avec une approche ethnologique ? En second lieu, tout en adoptant la proposition d’Isabelle Stengers [32] de faire de la science une aventure et non le dévoilement de vérités universelles, il convient de s’interroger sur les conditions de nomadisme des concepts d’une discipline à l’autre et de s’interroger sur les possibilités de propagation. En effet, peut-on analyser avec un même appareil théorique un silence obtenu sur le divan du psychanalyste et une absence de discours sur le terrain ? La parole recueillie ne l’est pas dans les mêmes démarches et relève d’univers épistémologiques totalement différents.

Des indices de cette peur potentielle, liée au nucléaire, ont été cherchés, mais en vain [33]. Nulle pratique nouvelle n’est venue étayer cette hypothèse. Nul discours spontané n’est apparu au fil de conversations. Aucun rapprochement n’a été fait avec la situation vécue dans le village lors de l’accident de Tchernobyl. L’absence de discours sur le danger ou les réponses étranges aux questions directes sur les implications du nucléaire m’ont conduite à modifier mes prétentions et à entreprendre une ethnologie politique pour finalement m’interroger sur : comment une décision exogène, c’est-à-dire l’implantation d’une centrale nucléaire, aux incidences locales multiples, est interprétée par les habitants du village concerné ? Comment vont-ils s’adapter et intégrer une centrale nucléaire à leur univers de pensée et à leur environnement ? À partir de quels éléments ? Dans ce contexte, les discours d’une population vivant à proximité d’un équipement nucléaire ont été collectés et je me suis intéressée à la place que celle-ci allait octroyer — ou non — à l’équipement et au danger qui lui étaient généralement associés, sans pour autant en faire le centre de mon questionnement. Ce décentrement a permis d’octroyer une nouvelle place au danger, de ne pas le réifier, et d’aborder le processus par lequel ces populations attribuaient un sens à l’implantation de la centrale nucléaire. Pour les Braudiers, ce phénomène renvoyait à des perturbations de leur environnement quotidien en constante mutation, les amenant à revendiquer leur droit à un territoire modifié support de leur identité et à renégocier cette dernière.

Conclusion

Si peu de villages nucléarisés ont fait l’objet d’une enquête ethnographique, lorsque l’on considère les populations les plus proches d’un équipement, on s’aperçoit rapidement que le danger nucléaire n’est pas dit, à l’encontre des discours antinucléaires copieusement diffusés depuis des années. Certains diront qu’il est difficilement possible d’avoir peur quotidiennement et de résider avec sa famille à côté d’une source de danger imminent. D’autres avanceront que les subsides financiers liés à ces implantations ont réduit au silence les collectifs qui en ont bénéficié.

Peu importe les raisons, le constat est là, ces populations spécifiques ne désignent pas l’équipement comme objet de peur et parfois même ignorent sa caractéristique nucléaire. À l’heure où le monde du nucléaire se concentre sur la mémoire des sites et dans un contexte où les entrepreneurs du nucléaire, chargés de la gestion des déchets, sont plus à l’aise avec les questions techniques liées au stockage des déchets, que faire alors de ce silence ou de cette absence de discours ? Quelles relations établir avec un éventuel oubli dans le futur, alors qu’actuellement les équipements fonctionnent encore, c’est-à-dire qu’ils revêtent une réalité ? Cette question de la mémoire s’annonce bien plus complexe qu’elle n’y paraît. Elle appellerait des recherches qualitatives sur les mécanismes de l’oubli auprès de populations diverses ayant plus ou moins à faire avec le nucléaire.

[1Alexander Catherine 2020. «  A Chronotope of Expansion : Resisting Spatio-temporal Limits in a Kazakh Nuclear Town  ». Ethnos, n° 88, 3, p. 467–490 [en ligne], https://doi.org/10.1080/00141844.2020.1796735 (consulté le 31.07.2024).

[2Déchets radioactifs de haute activité (HA) ou moyenne activité à vie longue (MA-VL).

[3Grillot Thomas, 2024, «  Contrôler un territoire pendant dix mille ans. Futurologie étatique et gestion des déchets radioactifs aux États unis (198061992)  », Genèses, n° 137, décembre, p. 29.

[4Bornand Sandra et Leguy Cécile (2013). «  Introduction  », in Anthropologie des pratiques langagières. Paris, Armand Colin. p. 7-22.

[5De Saussure Ferdinand (1916), Cours de linguistique générale, Paris, Payot, 520 p.

[6Piqueray Emma et Cazalis Ferdinand (Propos recueillis par), avec les dessins de Vanson Gala, 2012. «  Partez vers l’Ouest, le plus loin possible  » Récit de l’accident de Fukushima par des japonais. Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale, n° 6, 1, p.9-14 [en ligne], https://shs-cairn-info.inshs.bib.cnrs.fr/revue-z-2012-1-page-9?lang=fr (consulté le 31.07.2025).

[7Gehl Lorraine, 2021.
«  Des collectifs de femmes et de mères en lutte contre l’oubli  ». Silence, n° 497, 3, p.14-15 [en ligne], https://shs-cairn-info.inshs.bib.cnrs.fr/revue-silence-2021-3-page-14?lang=fr (consulté le 31.05. 2025).

[8Chiva Isac, 1970, «  Imagination collective et inconnu  », in Jean Pouillon et Pierre Maranda (éd.) Échanges et communications : mélanges offerts à Claude Lévi-Strauss, à l’occasion de son 60e anniversaire. Paris, Mouton.  ; Chiva Isac, 1980, «  Perception du risque autour de quelques centrales nucléaires  ». Actes du colloque : Les risques sanitaires des différentes énergies, organisés par la Fédération française de L’Énergie nucléaire. Saint-Étienne, GEDIM, p. 176-193.

[9Zonabend Françoise, 2014 [1989], La presqu’île au nucléaire. Paris, Odile Jacob.

[10Lafaye Françoise, 1994, Une centrale pas très… nucléaire. Revendications territoriales et processus identitaires lors de l’implantation de la centrale nucléaire du Blayais à Braud-et Saint Louis. Thèse de doctorat en ethnologie et sociologie comparative, université Paris X-Nanterre [en ligne], https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00286639

[11Chiva Isac, 1970, op.cit., p. 162.

[12Ibid., p. 176.

[13Ibid., p. 178.

[14Ibid., p. 180.

[15Cette recherche est liée à un contrat de la Mission Sciences Sociales du secrétariat d’Etat à l’Environnement

[16Puis centre de stockage.

[17Zonabend Françoise, 2014 [1989], op.cit., p. 46.

[18Ibid., p. 43.

[19Lafaye Françoise, 1994, op.cit.

[20Strauss Anselm, 1992 [1959], Miroirs et masques. Paris, Métailié.

[21Puccio-Den Deborah et Debiais Vincent, 2024, «  Faire silence. Approches interdisciplinaires qui ne dit pas son nom  », Silence(s), n° 1/2 [en ligne], https://revues.mshparisnord.fr/silences/index.php?id=117 (consulté le 05.05. 2025).

[22Meyer Teva, 2014. «  Du «  pays perdu  » du Blayais à l’«  émirat de Saint-Vulbas  » : les territoires de dépendance au nucléaire en France  », Hérodote, n° 155, 4, p.153-169 [en ligne], https://shs-cairn-info.inshs.bib.cnrs.fr/revue-herodote-2014-4-page-153?lang=fr.

[23
Bickerstaff Karen et Simmons Peter, 2009, «  Absencing/presencing risk : Rethinking proximity and the experience of living with major technological hazards  », Geoforum, n°40, p. 864–872.

[24Chiva Isac, 1970, op.cit.

[25Chiva Isac, 1980, op.cit.

[26Zonabend Françoise, 2014 [1989], op.cit.

[27Lafaye Françoise, 1994, op.cit.

[28Chiva Isac, 1980, op.cit., p. 184.

[29«  Rejet inconscient hors du champ de conscience d’une réalité pénible pour le sujet  ; déni de la réalité  » (dictionnaire Le Robert)

[30Zonabend Françoise, 2014 [1989], op.cit., p. 9.

[31Chiva Isac, 1980, op.cit.

[32Stengers Isabelle (dir.), 1987, D’une science à l’autre. Des concepts nomades. Paris, Seuil.

[33Lafaye Françoise, 1994, op.cit.

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